La Voie du Juste Milieu
Certains hasards sont plus que le fruit de la fortune : quand par exemple la même série de mouvements s'offre à moi dans des contextes différents. Ces "coïncidences" sont des occasions offertes par le destin pour réfléchir à sa propre pratique, ses attentes, sa recherche, son "feeling".
Le Qi Gong est souvent présenté comme une discipline apportée par Bodhidharma, moine bouddhiste venu d'Inde pour s'implanter à Shaolin. Des séquences de mouvements, codifiées il y a 1 500 ans, ont traversé le monde, passant par le Japon puis par l'Occident, dans des lieux et à des époques différents.
De ces mouvements, il existe des versions "vides" où seules les mains s'agitent, des versions où les spirales étirent tendons et fascias en recherchant une certaine qualité d'unité dans le relâchement, et des versions privilégiant le côté "yang" où on cherche plus la compression et la recherche aux limites.
Et alors que je pratiquais à nouveau cette même série de mouvements dont l'origine est commune, m'est revenu cette histoire :
À la lointaine époque où le Bodhisattva suit les enseignements auprès de différents maîtres, cinq ascètes se joignent à lui. Ensemble, ils pratiquent diverses formes d’ascétisme, mais toutes plongent le Bodhisattva dans une grande faiblesse physique. Alors un jour, Indra, un instrument de musique à cordes entre les mains, décide de lui enseigner “La leçon des trois cordes”, métaphore de ”La Voie du Milieu”.
Il lui dit ceci :
« Une corde trop tendue se rompt, une corde trop lâche ne vibre pas, alors qu’une corde convenablement tendue fait entendre un son harmonieux ».
Chaque être est comme un instrument de musique unique qui possède à sa propre harmonie interne. Découvrir "son Kung Fu" c'est se mettre en quête de son juste milieu.
