"Le poing est comme le clou, le corps est le marteau"
Je "rentre" d'un stage auprès de Akira HINO, et parmi les mille choses qu'il nous a offertes, j'en partagerai une, essentielle :
Je "galérais" avec le sabre (et pour cause : une grande première !!!). Et il vient me rassurer en disant : "It's OK !!! Just practice ... practice, practice, practice and it's OK !!!"
Je crois qu'il n'y a pas besoin de traduire, et c'est bien pour ça que vous venez en cours puisque vous connaissez le secret des arts martiaux.
Voici la maxime de la semaine : "Le poing est comme le clou, le corps est le marteau" Lo Man Kam Il y a quoi derrière cette affirmation ?
Ancrage ou légereté ? Pourquoi parle t-on d'ancrage en Wing Chun comme dans la plupart des arts martiaux chinois ? Et bien souvent (à l'inverse) de "corps flottant" dans les disciplines japonaises ?
Le modèle japonais : des pas légers
Contrairement aux arts martiaux d'origine chinoise les arts de la guerre historiques du Japon étaient essentiellement conçus autour du maniement du sabre, protégé par de lourdes armures.
Dans ces conditions où la mobilité était le point critique, s'ancrer revenait à devenir un cible facile. On cherchait donc à "alléger le pas" : en étant sur l'avant du pied, permettant un transfert de poids et une "projection" du corps vers l'avant.
Le modèle chinois : L'onde de choc (Ancrage)
Dans les styles chinois dits "internes" ou de "puissance courte" (Bajiquan, Xingyiquan), le coup de poing n'est pas vu comme un mouvement du bras, mais comme une décharge de la terre à travers le corps.
Dans les styles chinois dits "internes" ou de "puissance courte" (Bajiquan, Xingyiquan), le coup de poing n'est pas vu comme un mouvement du bras, mais comme une décharge de la terre à travers le corps.
- Le rôle du talon : En posant fermement le talon, vous créez une structure rigide (mais pas tendue) qui part du sol. C'est la troisième loi de Newton : pour chaque action, il y a une réaction égale et opposée. En poussant dans le talon, le sol "repousse" votre poing vers l'avant.
- L'alignement structurel : Le corps agit comme une barre de fer. Si vous frappez avec le talon levé, une partie de la force de recul est absorbée par l'articulation de la cheville qui "plie". Avec le talon ancré, la force traverse la jambe, le bassin, la colonne, et ressort par le poing.
- L'effet "boulet de canon" : On cherche à déplacer toute la masse du corps d'un bloc sur une très courte distance.
Souvent on oppose les deux en faisant du Wing Chun une pratique figée, aux déplacements un peu robotique.
C'est d'ailleurs ce qu'en avait déduit Bruce Lee : il comparait souvent les pratiquants de Wing Chun à des "robots" qui manquaient de fluidité : il a intégré dans son "Jeet Kune Do " le jeu de jambes de l'escrime et de la boxe anglaise, privilégiant les déplacements sur la pointe des pieds pour une réaction instantanée.
Ce petit rappel historique est intéressant, car Bruce Lee n'a jamais appris la totalité du système du Wing Chun. Quand il a cessé de l'apprendre pour créer son Jeet Kune Do, il n'avait appris qu'une partie du système : les deux premières formes (Siu Nim Tao et Chum Kiu), et une partie de la troisième (Biu Jee).
Et c'est précisément parce que la progression de l'enseignement du Wing Chun est organisée pour apprendre la plus grande stabilité pour ensuite l'intégrer dans une mobilité la plus fluide possible que cette confusion existe !
Le "point de bascule" dans l'apprentissage (au sens propre comme au sens figuré) correspond au moment où on a acquis les bases de la troisième forme.
Les positions restent les mêmes, mais en simplifiant, on ne se contente plus d'appuyer sur la jambe (talon) arrière pour avancer : on utilise le relâchement du bassin pour transférer le poids en avançant.
Exactement ce que découvrent les pratiquants avec les "moulinettes de jambes" du début de la troisième forme. Au début on n'y voit que des balayages, puis on découvre une "nouvelle" manière de se déplacer tout en restant "ancré".
Pour aller plus loin, en gardant cette perspective en vue, relisons la maxime de la semaine : "Le poing est comme le clou, le corps est le marteau" Lo Man Kam
(Essayez de planter un clou en contractant tout votre corps ... !!!????)
Le mouvement commence par le poing ou la main avec la plus grande décontraction possible (ça évite les frappes "téléphonées") mais dès que la trajectoire est amorcée tout le corps s'organise" derrière" à l'image du marteau.
Le Shenfa (身法) est l'un des concepts les plus importants des arts martiaux chinois.
Il désigne la méthode consistant à utiliser le corps comme un système unifié et coordonné, permettant ainsi à la puissance, la vitesse, l'équilibre et l'intention d'émerger naturellement et efficacement.
On parle alors de connexion corporelle : « l'énergie prend naissance à la racine, est développée et échangée par les jambes, dirigée et contrôlée par la taille, et exprimée par les bras et les mains. »
On parle alors de connexion corporelle : « l'énergie prend naissance à la racine, est développée et échangée par les jambes, dirigée et contrôlée par la taille, et exprimée par les bras et les mains. »
Au moment où le poing/bras les en mouvement, toute la structure du corps va communiquer son énergie jusqu'au bout des doigts. Les anciens : vous ne retrouvez pas les mouvements de Biu Jee dans cette description ?
Si vous voulez en savoir plus, voici une visio conférence sur le Shenfa, proposée par un enseignant de Xin Yi Quan (qui partage des origines communes avec le Wing Chun). En cherchant dans les paramètres vous pouvez afficher des sous-titres en français.
Et ici quelques exemples de déplacements en Xin Yi.
Et donc : ancrage ET légèreté ! (fromage et dessert !)
Vous voulez en savoir plus sur notre école de Wing Chun ? C'est ici !
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