"La posture qui fait mal n'est pas bonne"

Voici la maxime de la semaine, accompagnée d'un texte adapté d'une publication en anglais, portant initialement sur la posture du Tai Chi

"La posture qui fait mal n'est pas bonne" 

Comment faire la différence entre l'inconfort utile et la douleur qui blesse ?


En Wing Chun, et dans toute pratique physique, il y a une limite diffuse entre ce qui fait mal et ce qui "doit faire mal". Beaucoup arrivent à faire la différence. Certains sont blessés. D'autres abandonnent.

Toute douleur n'est pas un signe d'arrêt. Mais toute douleur ignorée est une blessure en route.
  • Je ne peux plus descendre parce que ça fait mal. Est-ce musculaire ou articulaire ?
  • J'ai mal au genou en tournant. Est-ce le genou ou la hanche qui n'a pas tourné ?
  • Je sens des brûlures dans le quadriceps. C'est le travail. Les brûlures sont normales.
  • Je sens une piqûre à l'épaule. Ce n'est pas normal. C'est un signe.

L'inconfort est un messager La douleur aiguë est une alarme.

Quand est-ce que l'inconfort est utile ?
  • Les brûlures musculaires, les tremblements et la fatigue pendant une posture sont des signes que vous travaillez. Ça fait partie du processus. 
  • Ce n'est pas une blessure C'est de la construction. Tu peux tenir, respirer et continuer.

Quand est-ce que la douleur est blessante ?
  • La piqûre, les douleurs aiguës localisées, les douleurs articulaires (non musculaires) et les douleurs qui empirent en répétant le mouvement sont des signes d'alarme. 
  • S'il apparaît, vous devez arrêter, ajuster et ne pas insister.
En Wing Chun, la posture ne se "force pas".Elle est relâchée. Si tu tiens une posture avec tension, respiration coupée, mâchoire serrée : tu la forces. 


Et forcer est un signe d'erreur : 
  • J'ai mal au genou parce que la hanche n’est pas libérée
  • Mon dos fait mal parce que l'abdomen ne s'est pas activé.
  • L'épaule fait mal parce que le coude n'est pas aligné.

La douleur dans une partie du corps est presque toujours un problème dans une autre. La blessure se produit rarement là où la tension a commencé.

Lorsque vous ressentez de la douleur, demandez-vous :
  • Est-ce musculaire ou articulaire ?
  • Est-ce que ça augmente avec la répétition ou ça se stabilise ?
  • Est-ce que ça change en ajustant un peu la posture ?
  • Est-ce que je peux respirer profondément en le tenant, ou ma respiration est coupée ?

Si ta respiration est coupée, c'est le signe que tu forces. Ajuste.

La peur de ne pas en faire « assez » :

De nombreux pratiquants (surtout débutants) confondent l'inconfort de l'effort et le « manque de caractère ». Ils pensent que si ça ne fait pas mal, ils ne progressent pas.
C'est faux.
Le progrès  ne se mesure pas dans la douleur. Ça se mesure en connexion, en évolution de la perception de sa propre structure. Un mouvement qui se sent léger, connecté et stable est plus avancé qu'un mouvement genoux serrés, planté comme un poteau dans le sol, mais maladroit et tendu.

Le corps parle. Ce n'est pas toujours confortable à entendre. Mais l'ignorer ne le rend pas plus fort, ça le rend plus fragile.

La prochaine fois que tu ressens de la douleur, ne l'ignore pas.  Demande-toi ce que la douleur te dit. 
Se blesser n'est ni héroïque, ni romantique : ça fait juste mal et ça peut durer. 

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